5%

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Cinq pourcent, c’est le pourcentage de bénévoles qui s’impliquent réellement dans une association.

Dans chaque association, on retrouve les mêmes classes de personnage, comme dans le jeu Donjons & Dragons.

Il y a le président qui s’occupe de tout, contrôle tout et ne délègue rien. Tous les ans il annonce son départ, mais à chaque élection il se présente à sa succession parce que les autres sont des incapables. Son manège dure depuis vingt ans et va se poursuivre jusqu’à sa mort qui signera également la fin de l’association.

Il y a le yakafautkon, grande gueule dans les réunions qui se débine dès qu’il y a du travail.

Il y a l’inspecteur des travaux finis que l’on ne voit jamais lorsque l’association aurait besoin de lui et qui critique lorsque tout est terminé. Il est souvent copain avec le yakafautkon et parfois c’est la même personne.

L’absentéiste enthousiaste est le membre le plus courant. Il s’inscrit à l’association en septembre, vient à la première réunion et disparaît à jamais. Il représente jusqu’à cinquante pourcent de l’effectif total.

Le consommateur vient juste derrière. Lui ne fait rien mais consomme beaucoup. C’est un membre actif par sa présence. Par contre il ne faut rien lui demander. Il a payé sa cotisation annuelle, il attend qu’on le serve en retour.

Il y a le passionné absent. Il est membre depuis des années, se voue corps et âme à son hobby mais depuis chez lui et ne partage pas avec les autres.

Il y a également une espèce plus rare, celle du grand ancien. C’est un passionné, non pratiquant aujourd’hui, mais qui a été un membre actif du bureau pendant des années, impliqué dans de hautes instances, il est devenu un politicien associatif. Il aime prendre la parole et prendre le temps pour évoquer l’ancien temps, il goûte les réunions, les repas, les cocktails et les conférences pour parler ses heures de gloire.

Et puis il y a le noyau dur, les fameux cinq pourcents, passionnés, motivés, toujours à fond, sur tous les fronts, partants pour organiser les manifestations, les expositions, tenir le bar, démonter après la fête et recommencer le lendemain.

Des membres qui s’impliquent jusqu’au dégout et qui finissent par rejoindre la petite minorité des aigris, ceux qui finissent par partir avec de la rancœur dans les yeux parce que les autres ne font rien et critiquent tout.

Je suis certain que vous vous retrouverez dans ces portraits. Mais bizarrement, la majorité d’entre vous pensera appartenir à ces fameux 5% ce qui arithmétiquement parlant est peu conciliable.

Dreadnought – War of Spirit // Wards of Light

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J’ai découvert le groupe Dreadnought avec l’album The Endless en 2022 grâce à une chronique de Stéphane Gallay. Tout de suite, ça donne le ton.

The Endless ne m’avait pas suffisamment inspiré pour que j’en fasse à mon tour une critique, mais j’avais gardé la formation du Colorado dans un coin de ma tête. Et voilà qu’est arrivé War of Spirit // Wards of Light avec sa pochette absolument sublime. Alors j’y ai jeté une oreille curieuse.

War of Spirit // Wards of Light est un album de seulement quarante minutes et six titres de quatre à neuf minutes. Des morceaux où la voix étonnante de la chanteuse Kelly Schilling prend presque toute la place. Un chant qui me fait beaucoup penser aux BO des films de Miyazaki comme dans le titre ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Dreadnought joue d’un metal progressif folk doom psychédélique art rock expérimental. J’aurai, pour ma part, tendance à les classer dans une sorte de post doom art rock, mais je ne suis pas certain que ce genre existe. Bref, ils sont clairement à part et je ne connais aucune formation qui leur ressemble, sauf peut-être The Gathering période Mandylion. 

Le chant clair de Kelly prédomine même si elle adopte de temps en temps le scream, tout comme Ryan qui s’essaye un à chant clair pas vraiment au diapason sur ‘Colors Of Our Broken Dreams’.

Violence et étrangeté se partagent les quarante minutes de l’album. Sur le titre d’ouverture ‘Tiamat’s Gate’, long de neuf minutes, growl et chant clair singulier se disputent la vedette sur une musique qui navigue entre metal, folk et symphonique.

Le morceau le plus impressionnant de l’album est sans doute ‘Serpent Of The Moon’. Il possède clairement une dimension onirique qui vire rapidement au cauchemar. Le titre d’abord tout en attente, prend un virage quasi cinématique en mineur avant d’être submergé par des riffs chargés d’un chant déchirant et d’un zeste de growl.

A côté de lui, ‘Aeonwar’ mêle une sorte de trip hop sur une voix de femme enfant à du scream et des riffs bien déglingués dignes des expérimentations de Steve Wilson. C’est carrément terrifiant et génial pour le coup.

Vous l’aurez compris, War of Spirit // Wards of Light, n’est pas vraiment un album confortable pour se reposer après une dure journée de labeur, sauf si vous avez besoin de passer vos nerfs sur quelque chose. Cela ne l’empêche pas d’être assez génial et inclassable, donc je vous le recommande fortement.

Archives de l’Exode

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Oui encore un roman de Becky Chambers tiré de son cycle Les Voyageurs. Sans doute celui que j’ai préféré d’ailleurs alors que j’ai adoré tous ces livres.

Archives de l’Exode parle de l’humanité qui a quitté la terre mourante à bord de vaisseaux générationnels pour trouver une nouvel planète où recommencer tout à zéro. En route ils ont rencontré l’Union Galactique, l’ont rejoint et sont restés vivre dans leurs vaisseaux, orbitant autour d’une étoile.

Ce troisième tome, découpé en petits chapitres et cinq parties, dresse le portrait d’exodiens vivant à bord d’un des vaisseaux de la flotte. Une occasion pour Becky de nous décrire une utopie sociale, une société humaine égalitaire unique en son genre avec son économie du troc, la garantie pour tous de respirer, dormir et manger sous un toit, où le médecin n’est pas plus riche que le teinturier et où les morts fertilisent les cultures.

Il est d’ailleurs beaucoup question de la mort dans ce roman mais aussi de la vie et du sens qu’on lui donne. Si vous ne deviez lire qu’un seul roman de ce cycle, ce serait celui-ci, mais lisez-les tous !

L’automne du patriarche

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Ça y est, ça caille presque. Le ciel est gris. Le matin je mets une doudoune pour aller au travail à vélo et si ça se trouve, il va bientôt pleuvoir. Sérieusement, quel temps de cochon ! C’était quand même mieux en août. Je sens que l’automne va être pourri. Si je m’écoutais, je partirai bien en vacances dans le Sud. Réchauffement climatique ? Mon cul !

Nous sommes mi septembre et une grande partie de la population a déjà oublié les fortes chaleurs de cet été. Dès le mois de mai nous avons eu trop chaud. La forêt a brulé dans les Landes, les gens se sont battus pour des ventilateurs en super marché, le niveau des réserves d’eau est au plus bas, plus de huit mille personnes sont mortes des suite de la chaleur, une tornade a frappé un village de l’Aude et les récoltes ne sont pas brillantes. Cinq vagues de chaleur ont déferlé de mai à septembre, totalisant cinquante-trois journées brulantes et nuits étouffantes, des records de température ont été battus sur tout le territoire, les climatologues parlent de l’été le plus chaud depuis 1900.

Un été exceptionnel ? Et si l’exception devenait la règle ? Quelles leçons en avons nous tiré ? Qu’il faudra installer une climatisation pour l’été prochain ? Que nous passerons les prochaines vacances en Norvège ? Qu’il faudra installer la piscine plus tôt en saison ? Que les plages devront être surveillées dès le mois de mai ? Que les pompiers ne pourront plus partir en vacances en juillet et août ? Qu’une plancha c’est bien pour remplacer un barbecue ? Que nous devrions demander son avis à ChatGPT ?

Vous souvenez-vous de la COP21 en 2015 aussi appelée Conférence de Paris où de nombreuses de promesses avaient été données. Qu’en reste-il aujourd’hui ? « Maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale bien en dessous de 2 °C par rapport aux niveaux préindustriels, tout en poursuivant les efforts pour limiter cette hausse à 1,5 °C. ». Ça vous dit quelque chose ? Nous sommes déjà arrivés à ces fameux 1,5 °C.

Les prochaines présidentielles françaises auront lieu à peine quelques semaines avant la première canicule de l’année 2027. Alors essayez de vous souvenir jusqu’à cette date que l’été 2026 fut un des pires que nous ayons connu. Essayez de vous mettre en tête que ce n’est que le début des festivités. Lisez les résumés des rapports du GIEC et comprenez-bien que nous devons tout faire pour tenter encore d’inverser la tendance. C’est par nos choix politiques que nous aurons une petite chance d’inverser la vapeur. Car nos petits efforts du quotidien ne suffiront pas.

Je serai mort et enterré en 2100. Au pire les vingt ou trente années qui me restent à vivre, je les passerai dans la fournaise en subissant des évènements météorologiques explosifs. Mais que vont connaître nos enfants et leurs enfants ? Quel monde leur donnons-nous en héritage ?

Mother of Millions – T

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T, le nouvel album de Mother of Millions, a quelque peu bousculé mon programme musical. Je ne l’attendais pas et lorsque j’ai appris sa sortie sur les réseaux sociaux, je me suis empressé de l’écouter. C’était le 11 septembre dernier, tout un symbole, et depuis je l’écoute quatre à cinq fois par jour.

Mother of Millions est un groupe grec que j’apprécie beaucoup et leur précédent album Magna Mater, sorti il y a deux ans, compte parmi mes préférés. Alors cette fois, je me suis offert T en édition vinyle. Hélas, je ne le recevrais que début octobre, donc pour l’instant, je me contente d’écoutes numériques.

T est un album de trois quarts d’heure et dix morceaux de une à huit minutes. Il commence très fort avec un ‘The wound’ métal progressif pour terminer par un ‘Death’ des plus folk.

Entre les deux, le groupe mélange les genres avec de l’électro-métal dans ‘The War’, des voix masculines et féminines, des violons dans le court ‘As One’, un peu de growl comme dans ‘The Sun’ ou des chœurs à la Evergrey dans ‘The Aftermath’. Cela fait de T un album easy listening assez varié bien que metal progressif dans l’âme qui nous parle des troubles qui secouent notre planète aujourd’hui.

On pourrait reprocher à Mother of Millions de s’inspirer d’un peu tous les groupes de metal progressif de la planète comme Voyager, Evergrey, Leprous ou Soen. Mais franchement, ne serait-ce pas ici une des forces du groupe puisque ces artistes réussissent à proposer un album assez unique en son genre malgré des ressemblances ?

La pochette du disque a été une autre source de plaisir pour moi. Ces drapeaux déchirés qui pendent comme du linge mis à sécher au soleil, avec en arrière-plan, la silhouette d’un homme qui regarde vers l’horizon.

Presque tout est dit dans l’image.

Mon titre préféré est l’avant-dernier de l’album, ‘The Sun’ avec ses huit minutes et vingt secondes, parce que, j’aime beaucoup que l’on prenne le temps pour développer une idée musicale. Son intro comme son final sont superbes et entre les deux ce n‘est pas mal non plus.

Si je me suis offert T en vinyle, vous vous doutez bien de ce qui va suivre. Le nouveau Mother of Millions va rejoindre la petite liste des albums susceptibles de rentrer dans mon top 2026.

Donc évidemment, je vous le recommande sans réserve.

Mes nuits à Fréconrupt

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La pince du homard

Freconrupt est un village situé au-dessus de La Broque dans la vallée de Schirmerk. Quelques maisons, une chapelle et la montagne. Certes de la petite montagne, culminant à six mètres d’altitude, mais la montagne quand même.

C’est là que se cache une clairière triangulaire, au bord d’un chemin peu fréquenté. L’endroit est accessible en voiture, dispose d’un chalet où il est possible de pique niquer et les arbres offrent une bonne protection à la pollution lumineuse. Du coup la nuit est noir d’encre et, depuis le début de l’été, c’est notre spot préféré pour photographier la voûte céleste.

Ici pas de camping-car ou de rodéo nocturne, pas de voiture pleins phares, pas de promeneurs à la frontale, pas de cris ou de musique venu des gites en contrebas. La nuit est noire et silencieuse.

Nous avons délaissé le parking du Vieux Pré au Champ du Feu, pourtant situé cinq cent mètres plus haut et à l’horizon dégagé, pour une petite clairière à six cents mètres d’altitude avec des arbres masquant l’horizon. Sorti de nos voix qui résonnent dans la clairière, du ronronnement des montures, du brame du cerf et des lumières rouges occasionnelles, c’est le silence et le noir absolu.

Nous nous retrouvons dans la clairière au coucher du soleil avec des transats et des chariots chargés de matériel. Trépied, télescope, batterie, thermos, couverture, biscuits, de quoi tenir une nuit entière. Pendant que l’obscurité arrive chacun installe son matériel à distance respectable des autres pour ne pas se gêner et quand la Voie Lactée se dessine dans le ciel, les moteurs des équatoriales commencent à tourner.

Chacun à son programme pour la nuit, une nébuleuse, une galaxie mais tout le monde se réserve un créneau pour observer en visuel la planète Saturne et ses anneaux. Installés dans les transats, nous discutons sous la voûte étoilée, écoutant les oiseaux nocturnes et les cerfs amoureux. Des bolides illuminent brièvement la nuit, et c’est à qui en observera le plus.

La Voie Lactée tourne au-dessous de nos têtes, des constellations se lèvent, d’autres se couchent, les télescopes suivent leur lente course silencieuse. De temps en temps un voix s’élève pour annoncer la visée d’un bel objet, alors nous abandonnons nos écrans de surveillance pour jeter un oeil dans l’instrument qui pointe une nébuleuse, une galaxie, un amas d’étoile ou une supernova. Chacun y va de son commentaire, teste dessus un oculaire particulier, un filtre, cherche des détails imperceptibles et une fois satisfait, retourne contrôler que son équipement fonctionne toujours correctement.

Alors que l’électronique tente de capter le faible signal venu des étoiles avec des caméras sophistiquées, Fred sort ses crayons de couleur et s’installe pour dessiner avec ce qu’il perçoit de Saturne sur une feuille papier canson noire. Benoît cherche dans son viseur, une cible impossible au ras de l’horizon, à peine visible pour son télescope pourtant très lumineux. Clovis se bat contre son système informatique open source qui a décidé de se mettre en grève. François est juste venu nous tenir compagnie pour constater à quel point le site est beau. Eliott étrenne un nouveau télescope, le cinquième de la saison et s’essaye à la photographie avec un appareil photo. Pierre capture les dentelles du Cygne en champ large et pour ma part, faute de langoustines, je rajoute quelques heures à ma pince de homard.

C’est encore l’été, mais, alors que la nuit avance, nous nous sommes tous emmitouflés dans des vêtements chauds. La fatigue fait lentement son œuvre, chacun s’assoupit dans son coin, Clovis bougonne contre son matériel, Fred peste sur son dessin, Benoît s’est endormi dans sa voiture, Eliott remballe son dernier joujou et mon setup commence donner des signes de fatigue malgré de vaines tentatives de réglage. Je finis par jeter l’éponge à mon tour et je remballe le matériel.

Les lampes frontales se rallument, les chariots chargés reviennent vers les voitures, les moteurs thermiques vrombissent et à la queue leu-leu, les voitures redescendent vers la vallée, croisant en chemin quelques biches et un cerf majestueux.

Une nouvelle nuit se termine à Fréconrupt. Pour la toute première soirée, nous n’étions que deux dans la clairière. La seconde fois, nous étions trois, la quatrième fois, cinq, la cinquième, le même nombre. Je crois que cette prairie bordée d’arbres va devenir notre repère pour les longues et froides nuit d’hiver tant qu’il ne sera pas nécessaire de se réfugier dans une voiture pour résister des heures aux températures négatives.

Left alone… – Empty moment

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C’est presque sur un malentendu que j’ai écouté le groupe Left alone…Il me semble que c’est Alice qui l’a recommandé.

J’ai été totalement séduit par le premier titre de l’album Empty moment, et intrigué, j’ai poursuivi la découverte, même si le black metal, ça n’est pas franchement mon truc.

Left alone… est une formation venue du Connecticut qui n’aura existé que de 2014 à 2016 avant de disparaître. On parle ici de black metal atmosphérique parfois bluesy mais surtout très noir.

Avec cinq morceaux dont trois qui dépassent allègrement le quart d’heure, la démo Empty moment dure une heure et quatorze minutes. Bien pire qu’un concept album de rock progressif.

Sorti du premier morceau, qui est vraiment à part dans l’album, Left alone me fait beaucoup songer à Dymna Lotva par son chant hurlé et torturé à souhait. Et puisque l’on parle d’eux, le groupe bielorusse vient au passage de sortir une nouvelle galette que je n’ai pas encore écoutée.

Du chant hurlé et torturé donc, mais pas tout le temps. Il y a par exemple un délicat titre électro-acoustique instrumental épuré très justement intitulé  ‘Interlude’ pour séparer une pièce de dix-sept minutes d’une autre longue de vingt-quatre minutes. Heu oui, vingt-quatre minutes et cinquante-sept secondes pour être précis pendant lesquelles vous allez entendre des hurlements désespérés même s’il y a un peu de remplissage à la fin.

Mais je ne vous ai toujours pas dit pour quelle raison j’aime tant le premier titre. En fait, il s’agit de contrastes. Ces extraits de ‘Left alone’ de Abbey Lincoln qui alternent avec le black post metal hurlé composent une association musicale autant improbable que sublime dont je ne me lasse pas. Rien que pour ‘Burning Gardens’, l’album mérite la découverte.

L’autre morceau de choix est à mon avis le dernier, ‘She loves you…’. Non pas parce que c’est le plus long, encore que, mais parce que c’est sans doute le plus torturé même si ‘With her in winter autumn’ est pas mal dans le genre. Le chant, tel un cri de douleur, est hurlé sur une musique post metal jusqu’à ce que presque tous les instruments cessent et qu’il ne reste que la souffrance sur quelques notes de piano.

Le titre ‘Coldly as embers rise’ m’a un peu moins emballé. Non pas parce qu’il est plus court que les autres (seulement neuf minutes et trente secondes, excusez du peu) mais peut-être parce qu’il est moins complexe et plus frontal dans son écriture. Après une entrée en matière instrumentale très calme, les guitares s’énervent sur un chant lointain écartelé qui ne s’apaise qu’une minute avant la fin de la pièce.

‘With her in winter autumn’ est nettement plus réjouissant avec ses nombreux rebondissements. Il faut dire, qu’en dix-sept minutes, il peut y en avoir des rebondissements. Vous entendrez même du chant clair sur ce titre, ok clair, mais un peu écartelé quand même, il ne faudrait pas déconner non plus, c’est du black metal.

Empty moment est une excellente trouvaille avec un coup de cœur tout particulier pour le premier titre ‘Burning gardens’ qui mélange les genres avec subtilité.

Difficile malgré tout de le recommander aux progueux qui me lisent, Left alone… reste quand même un album pour forgeron averti.

La discorde

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Discord

La communication est une science molle qui obéit toutefois à des règles bien précises. Pour être bien entendu, il ne faut pas de bruit. L’ennui c’est que les gens sont toujours bruyants et parlent pour ne rien dire.

Quelque soit le média utilisé, messagerie, réseau social, forum, les conversations partent rapidement en cacahuètes et à la fin, il est impossible de trouver l’information recherchée. L’un va de sa blaguounette, l’autre surenchérit, quelqu’un pose une question dont la réponse se trouve deux messages plus haut, un quatrième jette sa colère à la face du monde et ça devient le bordel.

Evidemment, il est possible de modérer les discussions mais, si le groupe est important, cela devient un travail à plein temps et celui qui s’y colle est rapidement traité de nazi à moins d’être vraiment bienveillant.

En cherchant une solution pour notre association d’astronomie, prisonnière d’un WhatsApp devenu chaotique, j’ai trouvé Discord, un outil que je n’avais utilisé que pour faire des visios avec mon fils aîné.

J’imagine que certains d’entre-vous connaissent bien le logiciel mais, pour ceux qui ne l’auraient jamais utilisé, je vais décliner ici les fonctionnalités qui me plaisent bien :

  • L’application existe pour smartphone, Windows, Mac et navigateurs web.
  • Elle permet de créer des serveurs subdivisés en discussions, elles mêmes divisées en fils. Il suffit d’un lien pour créer un compte, l’email ou le numéro de téléphone ne sont pas forcément nécessaires.
  • Les discussions peuvent être accessibles qu’à certains groupes de personnes que l’on peut classer par rôles, sortes de ayant droits.

Pour ma part j’ai créé les rôles invité, membre, modérateur, webmaster, conseil d’administration qui me permettent de gérer les droits des visiteurs et des discussions par thématiques, sorties, photos, annonces, aide, matériel, etc et groupes de travail.

Je me suis bien amusé à mettre le serveur en place même si je n’ai pas encore tout compris. Le hic, c’est que personne ne veut jouer avec la maquette. Le groupe communication s’est débiné comme le conseil d’administration de l’association qui pourtant trouvait l’idée intéressante. Du coup j’ai l’impression d’avoir bossé pour rien.

L’Espace d’un An

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Me revoilà avec Becky Chambers et son cycle Les Voyageurs. Une lecture toujours dans le désordre, cette fois avec le premier tome du cycle, mais cela n’a pas vraiment d’importance.

L’Espace d’un An est assez différent de Libration et de La Galaxie vue du Sol. Il s’agit d’un roman de Space Opera.

Nous montons à bord du Voyageur, un vaisseau tunnelier qui creuse des passages entre les mondes. Son équipage inter espèces est des plus atypique surtout avec Lovely, une IA considérée comme une membre à part entière du vaisseau.

Le Voyageur part pour un très long contrat afin d’aller creuser un tunnel dans un espace encore sauvage revendiqué par une espèce extraterrestre belliqueuse. Un long voyage qui est l’occasion de mieux de découvrir son équipage pour le moins hétéroclite.

La mission, qui devait rapporter une belle somme à l’équipage, vire rapidement à la catastrophe, révélant les forces et faiblesses des membres de cette famille étonnante.

Abordage, sauvetage, escale technique pour finir comme cible d’un vaisseau, tout y passe. Mais le livre est aussi l’histoire de Rosemary, une jeune fille au passé obscur qui a quitté Mars pour s’engager à bord du Voyageur. Elle y découvre un capitaine pacifiste amoureux d’une extraterrestre qui travaille pour des militaires, un cuistot dont l’espèce est en voie de disparition, une paire sianat poilus mourants, une aandrisk en manque d’affection, un clone désagréable et une IA qui voudrait devenir humaine. Toute une galaxie enfermée dans un vieux vaisseau rafistolé.

L’écriture bienveillante de Becky Chambers met sans doute plus de temps à transpirer dans ce récit riche en rebondissements. Il faut du temps pour mettre en place le décors, présenter les personnages et leurs interactions mais comme toujours chez Becky Chambers, ce sont les relations humaines ou extraterrestres, comme vous préférez, qui finissent par prendre le pas sur l’action, et c’est pour cela que j’aime ses romans.

L’Espace d’un An éclaire quelques passages obscurs de Libration et offre un magnifique voyage de planètes en planètes à ceux qui aiment comme moi le space opéra. Alors naturellement, je poursuis maintenant mon exploration des Voyageurs avec Archives de l’Exode qui est la suite de Libration.

Observers – The Emerald

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Je vais encore vous parler d’un album instrumental, mais il ne s’agit pas un live cette fois.

Il s’agit de The Emerald du projet australien Observers. Dix morceaux de metal progressif joués et composés par Martin Kennedy avec à ses côtés Chris Bohm et Rich Gray.

The Emerald c’est quarante minutes riches en guitares et synthés qui n’ont pas besoin de chant pour exister.

La musique entre atmosphérique, cinématique et metal progressif se suffit à elle-même. Les cordes des guitares remplacent avantageusement celles d’un chanteur tellement elles sont expressives.

L’album va de la musique de film au metal en passant par des influences world music comme dans le dernier titre ‘The Door’ et vous entendrez même de la flûte dans ‘Forest of Doom’ ou des claviers prog vintages dans ‘Predestination’.

J’ai même entendu quelques similitudes avec Ayreon et Star One, tout particulièrement dans le titre ‘Boreal World’ et son riff bien lourd qui revient tel un refrain à plusieurs moments du morceau.

The Emerald n’a toutefois rien de révolutionnaire et c’est aussi ce qui le rend très agréable à écouter. Les compositions sont majoritairement mélodiques, les guitares coulent de source, les claviers n’agressent pas les oreilles, bref, il s’agit d’un album très confortable.

J’ai beaucoup apprécié le journal gribouillé par Martin au fil des mois sur l’avancement de ses compositions. Il contient des notes, des dessins, les ébauches du projet qui a abouti à l’album final que l’on peut écouter aujourd’hui.

Martin était tout d’abord parti sur une histoire d’anciens astronautes avant de bifurquer vers un trou noir géant, envisageant un moment le thème des lignes de Nasca. Puis il a envisagé les pyramides pour finalement choisir la forêt comme sujet. Un fichier PDF qui fait office de livret pour l’édition numérique et que je vous invite fortement à découvrir.

The Emerald est le genre d’album qu’il est plaisant d’écouter en fond sonore. Il accompagnera à merveille vos lectures ou rythmera agréablement votre travail. Mais rien n’empêche de se plonger dedans au casque de temps en temps.