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Chronique de Sceneries

Sylvan-
Genre CD
Groupe Sylvan
Album Sceneries
Label Sylvan
Année 2012
Note 19/20
  • The Fountain Of Glow - audio
  • Share The World With Me - audio
  • The Words You Hide - audio
  • The Waters I Traveled - audio
  • Farewell To Old Friends - audio
Plus de 90 minutes et cinq titres seulement, voilà le challenge de Sceneries, le dernier double album de Sylvan.

Au chant Marco Glühmann
Percussions Matthias Harder
A la basse Sebastian Harnack
A la guitare Jan Petersen
Aux claviers Volker Söhl

Il ne s'agit même pas d'un concept album à proprement parler, cinq longs métrages indépendants, auquel chacun des membres du groupe à apporte sa touche personnelle, cinq titres pour cinq artistes d'un même groupe, une jolie idée.

Alors 90 minutes ça peut être long des fois, et pourtant je peux vous assurer, pour l'écouter en boucle, avec Sceneries le temps passe trop vite.

Si on voulait mettre une étiquette sur cette album, on prendrait This Strange Engine (le titre) de Marillion, un zeste de Gazpacho et de We're Here Because We're Here de Anathema. Bref que du bon.

Ce qui est extraordinaire avec Sceneries c'est que l'on rentre de plein pied dedans, sans effort, et que durant l’heure et demie que dure la musique, on reste totalement absorbé, fredonnant dès la première écoute les refrains et quelques mélodies.
Les titres sont chargés d'émotion, piano et guitare font beaucoup à l'atmosphère magique de cet album mais l'énergie et la voix du chanteur Marco Glühmann en sont le moteur principal.

The Foundation Of Glow débute sur des notes mélancoliques au piano et chant. La guitare très planante à la Steve Rothery arrive, un peu plus loin.
La seconde partie est plus rythmée, on est surpris par la voix très mutante de Marco Glühmann, pleine d’énergie qui vous incite chanter avec lui.
La troisième partie est simplement géniale, la manière dont est chanté ‘Living in’ est absolument divine, musique épurée et refrain explosif, une construction assez simple en fait mais efficace. La dernière minute de cette partie est sublime.
Il y a beaucoup de l’âme Marillion dans ce titre magnifique, mais Sylvan, malgré d’évidentes influences (les meilleures) compose une musique qui a sa propre identité.

Share The World With Me commence comme une ballade à la guitare acoustique et piano, avec en premier plan le chant. Le refrain arrive, majestueux, et dès la première écoute vous colle à peau, à la manière d’Anathema. Émotion à fleur de peau, frisson garanti.
La seconde partie donne la place belle aux claviers, saluons ici Volker Söhl qui joue admirablement bien. Le reste du groupe raccroche la musique au bout de 90 secondes délicieuses, beau solo de guitare avec beaucoup de sustain et sur la fin un bref passage de chant.
La troisième partie reprend l’introduction de la première, guitare acoustique, puis chant et enfin piano. Bien entendu basse et percussions sont là, mais toujours un peu en retrait. Encore une fois le refrain explose, avec la voix de Marco qui monte très haut et redescend, une belle performance.
La quatrième partie poursuit la précédente avec la même magie. Magnifique !

Chant et piano pour The Words You Hide, émotion à fleur de peau. Explosion de claviers à la manière d’ARENA, très puissants, suivis d’un thème fait de percussions de guitare très basse puis un couplet très fragile avec quelques notes au piano, le thème repart ensuite, accompagnant un chant déchirant, c’est mélo à mort mais j’assume, c’est beau, à pleurer.
La seconde partie me fait un penser à la musique de Macadam Cowboy (film culte), guitare et basse (pour une fois elle est bien lisible), une ballade avec un joli refrain, apaisant après tant d’émotions.
La troisième partie début sur quelques accords très clairs et des notes sous-jacentes. Le piano et chant prennent la relève assez vite, à fleur de peau encore une fois et la musique revient vers du wagner au claviers, le thème de première partie est de retour, le chant explose encore une fois pour retomber, si ce n’est pas du prog ça, je ne comprend plus rien à la musique. Tout simplement envoûtant.
La quatrième poursuit la mélodie, son blues, chant magnifique comme dans Neverland, une fabuleuse énergie.
Encore un morceau extraordinaire, ça y est, je suis amoureux !

Beaucoup d’énergie pour le début de The Water I Traveled une fois n’est pas coutume et quand arrive le chant, c’est une voix vocodée sur des percussions et un son de guitare rageur, les claviers sont très en retrait.
La seconde partie est tout d’abord beaucoup plus épurée, guitare et chant, puis un petit quelque chose de Gazpacho arrive dans le refrain, la voix à la limite de rupture à la James Blunt aussi, mince c’est beau. Cette partie monte doucement, explose et retombe, on connaît le truc et pourtant on se fait avoir par la construction.
Troisième partie, toujours dans la continuité, mais qui revient avec plus d’énergie, plus d’emphase. Pas mal de piano et guitare, refrain accrocheur et un final instrumental très rock après le retour du chant vocodé.
La quatrième partie est une ballade très marillionnesque, (le petit truc à la guitare sur les notes de piano avec le chant tout au fond ça ne vous rappelle rien ?). Bon on ne va pas reprocher à Sylvan ce petit emprunt très bien exploité, si ? Non.
Un titre un peu plus atypique, pas mon préféré, mais très beau quand même.

Farewell To Old Friends sonne comme un au revoir, guitare et chant tout simplement, logique vu le titre. Mais ce n’est que le début, vu la suite ils auraient pu la composer dans une partie indépendante. The Part One bis (je vais l'appeler ainsi) est un morceau relativement rock avec un joli thème à la guitare acoustique et le refrain qui va bien. Sympathique tout ça.
La seconde partie s’amuse à se la jouer un peu reggae sur les couplets, surprenant, surtout que le refrain lui ne suit pas du tout le style, mais ça marche. Après deux minutes on revient au farewell de la première partie quelques secondes avant que la musique ne décolle à nouveau.
La troisième partie est plus vive, des notes courtes pour la guitare, une ambiance à la Anathema (le chant surtout), une touche un peu plus lourde, presque métal en fait, claviers et basse puis un riff assez brillant qui porte le chant, c’est excellent, j’adore !
La quatrième partie, c’est la fin de l’album, déjà ?
Ben oui mais, sachez que cela fait déjà 86 minutes que vous êtes plongé dans la musique de Sylvan, oui ça a passé très très vite. Aucune lassitude? Non, vraiment, même pas un petit décrochage, et pourtant, je peux vous assurer que c’est la dixième fois que j’écoute l’intégralité de l’album depuis sa réception. Alors cette dernière partie ? C’est un final, qui revient sur l’album, un final qui commence tout doucement pour exploser comme feu d’artifice. Classique à souhait mais fabuleux !

Alors cet album ?
Vous l’avez compris je crois, j’ai aimé.
Pas de toute. Après si l’on peut faire des reproches, c’est beaucoup d’emprunts volontaires ou non à des grand du rock progressif comme Marillion, Gazpacho, Anathema et d’autres. Pas de grande démonstration technique certes mais quelle émotion, et quelle voix, franchement Marco est éblouissant. On aimerait bien entendre un peu plus souvent basse et percussions qui sont un peu en retrait, mais au bout du compte c’est un album fabuleux que vous devez avoir dans votre discographie, un album comme The Wall, Subterranea, Marbles et cie...

Rédigé par Neoprog le 14/02/2012

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