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Chronique de Left Of Mind

Pirate-
Genre CD
Groupe Pirate
Album Left Of Mind
Label Birds Robe Records
Année 2011
Note
  • Left Of Mind - audio
  • Animals Cannibals - audio
  • Rough Shuffle - audio
  • In The Balance - audio
  • Finish - audio
  • Creepy - audio
  • Daggers - audio
  • Time Minus Five - audio
Pirate se situe entre King Crimson, le dernier Steven Wilson du Radiohead et de l'expérimental audacieux.
Ils n'en sont pas à leur premier essai ayant déjà sorti en 2009 un EP et une démo en 2007.

Pirate se compose de :

Shan Abey - guitare
Tim Adderley - percussions
Ben Norvill - basse
Joel Woolf - chant, clavier et saxophone

Alors pour ne faire perdre de temps à personne, je vous préviens, Pirate c'est King Crimson période Tracks, virant à l'expérimental par moments. Autant dire que ce n'est guère mélodique, par contre c'est technique et difficile à écouter sans plonger profondément dans la musique, vous êtes prévenus !

Ceci dit, ça n'est pas un reproche, juste une mise en garde, on n'écoute pas 'Left Of Mind' en se brossant les dents, ni avant de se coucher et surtout pas quand on invite son patron à manger à la maison. Moi je profite que la maison soit vide, sinon c'est moi qui vais me faire vider...

L'album comprend huit titres, certains relativement accessibles comme Creepy, d'autres très difficiles comme 'Animals Canibals'.

Imaginez que vous preniez les délires glauques de 'Myxomatosis' avec un bassiste barré comme Tony Levin et des riffs à la Robert Fripp sur lequels vous faites pleurer un saxophone, vous aurez une petite idée de ce que cela peut donner. Impressionnant.

Peu de chant, et encore, trafiqué, répétitif, n'imaginez pas fredonner un titre en prenant votre douche, trop dur.

'Left Of Mind' démarre très très brutalement, le ton est donné, aucun repère, surtout que le rythme retombe très vite pour explorer un chant assez étrange sur une musique pas trop en phase, entrecoupé d'un bref instrumental ou le saxo s'éclate, autant dire que Radiohead trouverait cette musique difficile...

'Animals Cannibals' commence presque comme un titre sauf que... sauf que un chant vocodé pointe son nez et que les percussions font de l'électronique sans en être, bref très très étrange. Je ne vous parle même pas de la guitare répétitive et de la basse, ha ben si. Là encore très Radiohead.

Sur 'Rough Shuffle' on navigue avec quelque repères grâce aux saxo assez mélodique, même si la progression à la guitare nous prévient que ça ne durera pas. La construction est bien vue, pas trop déroutante pour être digeste la première fois, le titre reposerait presque.

'In The Balance' est assez électronique, répétitive, facile à écouter mais un peut longuette au bout du compte, très Radiohead.

'Finish' toute simple au saxo et quelques notes de piano, jolie transition, sonnant assez comme un mouvement de Ravel, j'aime beaucoup.

'Creepy' rebondit très intelligemment sur 'Finish' avec la basse solo pour monter progressivement un mélodie où arrivent saxo et guitare puis enfin les percussions, un petit concentré de 'Raider II' de Wilson, généralissime !

'Daggers' est très King Crimson, pêchu, puissant, complexe.

L'album s'achève sur 'Time Minus Five', un instrumental, qui laisse une très belle place au saxophone, qui expérimente pas mal au synthé, répétant inlassablement un riff très bref. Le titre part violemment en vrille sur la fin, on perd tout repaire, c'est assez jouissif mais pas facile à écouter tous les jours.

Alors ne vous y trompez pas, malgré tout ce que j'ai écrit, j'aime beaucoup. C'est une musique difficile, complexe, bien jouée, innovante, courageuse car anti commerciale au possible, bourrée d'influences assez savamment disposées, mais ce n'est pas conçu pour toutes les oreilles.

Je pense que des inconditionnels de Radiohead et King Crimson devraient aimer, à moins qu'ils ne considère ça comme un plagia, allez savoir.

Rédigé par Neoprog le 04/01/2012

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