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Chronique de Druckfarben

Druckfarben-
Genre CD
Groupe Druckfarben
Album Druckfarben
Label ??
Année 2011
Note
  • ELPO - audio
  • Influenza - audio
  • Smaller Wooden Awake - audio
  • Dead Play Awake - audio
  • Walk Away - audio
  • Seems So Real - audio
  • Nat Nayah - audio
  • Sons of Anakim - audio
  • Nonchalant - audio
Druckfarben est un groupe canadien qui livre ici son premier album.

Du progressif très original, technique, parfois difficile qu’on ne peut recommander qu’aux initiés du genre.

Des morceaux relativement courts mais d’une très grande complexité que l’on pourrait rapprocher sans doute un peu de ce que font les New Yorkais du groupe IZZ. Musique pour musiciens direz-vous, oui sans doute un peu, pourtant je ne suis pas musicien et j’accroche bien. Par contre pour rentrer dans ce premier album, il faudra toutes vos oreilles et tout votre cerveau.

ELPO est un instrumental festif qui débute l’album avec vivacité sur des notes d’orgue et la batterie. L’entrée en matière annonce les couleurs de la musique de Druckfarben, une musique progressive technique, brillante, qui va vous malmener un tantinet. ELPO fonctionne sur un thème inlassablement décliné dominé par les claviers et percussions mais où basse et guitare pointent quand même leur nez.

Nous découvrons la voix très Yes de Phil Naro sur Influenza. Le titre part sur les chapeaux de roues, très rythmé par des percussions brillantes et une basse très présente, accrochez-vous quand la guitare s'emballe, ça va très vite, un peu d’orgue jazz rock par dessus, et sur la fin quelques breaks. Excellent.

Smaller Wooden Frog devient nettement moins accessible, très expérimental, pas mélodique du tout, il va falloir s’accrocher à un instrument lors de la première écoute pour ne pas perdre pied. La construction est très complexe, dissonances, syncopes, breaks en abondance, il s’agit de prog pour initiés pendant près de 3 minutes d’instrumental avant l’unique couplet qui est très simple en comparaison mais qui ne laisse que quelques secondes pour souffler. Un titre très difficile auquel il faut consacrer toute son attention mais, même s’il est à la limite de l’intello prog, il mérite vraiment l’effort.

On revient presque a du plus digeste sur Dead Play Awake, même si certains passages instrumentaux sont complexes. J’aime beaucoup les contrastes vocaux sur ce morceau, le passage enfin apaisé au piano et chant qui est suivi par une guitare électrique brillante et déroutant, mélodies entre l’Espagne et Afrique du nord. Le titre est très complexe mais suffisamment court pour être assimilable.

Walk Away est le single, très simple (vite dit quand même) en comparaison des quatre premiers, disons qu’il y a quelques repères auxquels se raccrocher.

Seems So Real démarre sur un clavier assez irritant, dommage car la suite nous offre un nouveau visage du groupe, une musique plus simple mettant en valeur de nombreuses harmonies vocales, de la guitare rythmique, de l’orgue, un refrain qui tient la route, d’ailleurs ça ne serait-ce pas le premier refrain en six chansons ? Pas mal du tout malgré un raté au démarrage.

Nat Nayah continue dans cette musique plus accessible, on le tient le tube ? Non... sans doute pas, car le mini instrumental qui poursuit après trois minutes, n’use pas des canons qui ouvrent les portes des radios. Mais pour un amateur de progressif soft, Nat Nayah est une bonne première approche du groupe.

Évidemment, histoire de nous chahuter un peu, Sons of Anakim, va jouer sur les registres du jazz avec un chant à Yes dans ce qu’il y a de moins facile à écouter. Ils sont joueurs ces garçons. Le titre garde une ligne conductrice assez solide, mais cela ne l’empêche pas de bien vous secouer dans de nombreuses directions, sans doute un peu trop au final...

Nonchalant termine l’album sur des tonalités 60’s 70’s, presque Beattles si si. Il passe cependant presque inaperçu après les prouesses techniques déployées dans les précédents morceaux. A écouter à part.

En fait quand Bernard compose seul, il faut bien l’avouer (ELPO, Smaller Wooden Frog et Sons of Anakim), on frise l’abstraction musicale. L’agencement des titres sur l’album ne va pas permettre à une oreille non initiée de rentrer progressivement dans l’univers musical de Druckfarben, mais l’amateur du genre prendra sans doute beaucoup de plaisir à affronter ces contrastes.

Le groupe canadien nous offre une musique très complexe, originale même si elle est teintée de Yes, parfois difficile, un musique exigeante qui demandera aux premières écoutes beaucoup d’attention faute de quoi vous louperez pas mal de belles choses.

Mais si vous aimez, Yes, Transatlantic, IZZ, vous avez sans doute l’oreille prête pour découvrir Druckfarben. C’est un genre musical dont je ne suis pas forcément friand, mais là il y a quand même des sacrés morceaux à découvrir.

Rédigé par Neoprog le 08/07/2012

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