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Lycksalighetens o
Hidden Lands - Lycksalighetens o
Titre : Lycksalighetens o
Groupe : Hidden Lands
Sortie : 2014
Label : Progress Records
Format : CD
Genre : Progressif

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Titres

  • Corsican Daydream
  • Dakkar
  • In the Wind
  • Over Again
  • Pi - instrumental
  • Hidden Lands

Formation en 2008


Lycksalighetens ö

Hidden Lands
Uppsala – Suède – 2012

Genre : Canterbury, néo-progressif

Musiciens :
Hannes Ljunghall – claviers, guitares
Bruno Edling – chant
Phillip Bastin – basse
Gustav Nyberg – batterie

Discographie :
In Our Nature – Progress Records – 23 novembre 2012
Lycksalighetens ö – Progress Records – 29 septembre 2014

Hidden Lands s’était fendu d’un premier album en 2012, In Our Nature, qui n’avait pas eu les faveurs de Neoprog… Il faut bien dire que je n’étais pas encore là !

Car lorsque j’ai découvert ce deuxième opus, Lycksalighetens ö, j’ai été rapidement conquis, et l’affaire n’a fait que se corser – vous comprendrez pourquoi – au fur et à mesure.

Si l’on devait appliquer un vocable pour qualifier la musique de Hidden Lands, je dirais néo-Canterbury, néo, parce que le traitement qui est donné à cette musique d’inspiration toute britannique est résolument moderne et reste limité à un quatuor sans les additifs souvent (trop ?) utilisés dans le style évoqué, ni les exubérances coutumières du genre.

Les deux membres de Violent Silence, Hannes Ljunghall et Bruno Edling, s’ils se partagent l’avant-scène – le premier parce qu’il compose et joue de la guitare et des claviers omniprésents, le second parce qu’il est le chanteur sensible et fragile de ce magnifique opus –, sont soutenus par une section rythmique comme il en existe peu : Phillip Bastin est un bassiste étonnant et Gustan Nyberg un batteur extraordinaire.

Alors, qu’en est-il de cet album ? Lycksalighetens ö, en suédois, cela signifie "l’île de la félicité", titre d’un colossal drame en vers du poète et philosophe suédois Per Daniel Amadeus Atterbom, en deux volumes (1824-1827), basé, sans qu’Atterbom s’en rende compte, sur la trame d’une fable française de Madame d’Aulnoy… L’île de la félicité y est un royaume de jouvence où règne la volupté esthétique. Mais c’est aussi le nom d’une place de la ville d’Uppsala, dont on peut voir une vieille photo sur la pochette de l’album. Ce lieu est hélas également celui de la mort d’un ami de Hannes Ljunghall auquel il rend hommage dans le morceau final "Hidden Lands".

Celui-ci, d’une durée dépassant les dix-neuf minutes est un pur rubis qui mérite à lui-seul l’achat de l’album. Un peu yessien dans son introduction, il installe une ambiance grave et mélancolique où les guitares introduisent des claviers majestueux bientôt suivis du piano de Hannes. La mélodie coule apportant le flot doucereux et tragique du chant de Bruno, empreint de mélancolie et de métaphores sur la perte de l’ami aimé (Over the rooftops and trees/You can fly, and you’re already there/Up so high, far away out of reach/In a place that could be anywhere)… Les transitions musicales sont de toute beauté, accompagnées ou non par la rythmique, empreintes de cassures avant un final initié par le piano et l’orgue purement fantasmagorique.

Si j’ai commencé par la fin, c’est pour dire combien cet album termine en une apothéose qui place à mon sens Hidden Lands parmi les grands groupes de la nouvelle génération et leur Lycksalighetens ö au firmament des albums qui posent et laisseront leur marque de manière intemporelle…

Hidden Lands

Mais s’il n’y avait que ce morceau ! Le reste du disque est du même acabit !

"In the Wind", avec son orgue, où ce son de clavier, tel une harpe aérienne et éthérée, porte la voix profonde de Bruno Edling, notamment sur le refrain, magnifiquement appuyée par la mélodie du synthé. Doux morceau mélancolique sur l’absence, la solitude, l’abandon…

Sur "Over Again", Hidden Lands montre qu’il a intégré tous les poncifs du prog : riff syncopé basse-batterie, clavier à contretemps, boucle du piano, et rupture jazz-West-Coast pour un refrain chaloupé. Le moog assure les transitions et les cymbales scintillent avant que Hannes Ljunghall n’assène un de ces solos de guitare qu’il distille tel un instrumentiste orfèvre.

Dans l’instrumental "Pi", royalement introduit par les mélodies du piano, soutenu discrètement par l’orgue, avec une ligne de basse ronde et suave de Philip Bastin tempéré tout en retenu nerveuse par la batterie de Gustav Nyberg, c’est encore la guitare de Hannes (bien plus présente que sur l’album précédent) qui vient nous ramener vers la superbe mélodie initiale. C’est épuré, pas si simple que ça n’y paraît, mais ô combien réussi.

Et que dire des deux premiers, et longs morceaux ? Sinon qu’ils ont en point commun de dépasser les dix minutes et de porter sur un thème cher à tous les Nordiques : la mer.
"Dakkar", agrémentée sur le livret d’une illustration d’Edouard Riou pour "Vingt Mille Lieux sous les mers" commence par une longue introduction instrumentale qui amène la voix fragile de Bruno. Ligne mélodique sur le fil et la guitare qui apporte le vent et la tension maritime, alors que la rythmique clavier-basse-batterie ondule. A nouveau le chant et une guitare frippienne magistrale nous fait plonger, disparaître avec la mélopée dans les profondeurs abyssales avant que piano et chant ne viennent conclure, accompagnés par une simple ligne de guitare : "Then I can breathe freely/Then I will stay."

Et comment ne pas terminer par la pièce qui ouvre cet album, "Corsican Daydream" (écoutez-la grâce au lien ci-dessous), dont j’oserais dire que c’est un morceau majeur de la musique progressiste de ce début de siècle, où l’ensemble – composition, interprétation, paroles – nous montre un groupe habité par cette rêverie corse, sorte d’hybride entre ELP, After Crying, King Crimson et Joe Jackson. Hidden Lands étale sa classe et son talent tout au long de ces douze minutes trente féériques dont les paroles détiennent la prophétie : "Days to come/When I’m gone/You will all sing my song" !

Bien entendu, vous trouverez d’autres inspirations musicales en écoutant ce disque : Anglagard, Isildurs Bane, Hatfield and the North, David Sylvian, Rare Bird, Greenslade, Procol Harum, Atomic Rooster…

Il n’empêche, Hidden Lands est unique. Ces terres cachées recèlent un trésor qu’hélas trop peu parviendront à savourer : "That you will never know me/No matter what I say or do/You don’t understand me/There’s nothing more that I can prove."

Pour les heureux élus, lorsque vous aurez goûté cette ambroisie nourricière (encore quelques temps sur Progstreaming), vous plongerez vos yeux dans l’image de cette place d’Uppsala et vous saurez ce que vous avez rejoint : Lycksalighetens ö, l’île de la félicité…

Facebook : https://www.facebook.com/HiddenLands

Vidéo officielle :


Rédigé par Henri le 15/12/2014
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