Une promenade à Strasbourg

Le vendredi avant le Black Friday, je suis allé me balader à Strasbourg avant la cohue du vendredi noir et du marché de Noël. Car à partir de fin novembre, la ville ne nous appartient plus.

J’aime déambuler de la place de La Bourse jusqu’à la place des Halles en empruntant des rues et ruelles en fonction de mon humeur. J’emmène toujours un appareil photo au cas où, histoire de donner un but à la promenade autre que le shopping.

Cette fois je partais avec le Nikon Z6 II et le tout petit 40 mm ouvert à f 2, afin de travailler avec une focale fixe en manuel. Cela oblige à réfléchir plus sa photo et à trouver le bon spot.

C’est en sortant de la boutique LEGO, place des Halles que j’ai réalisé les quatre clichés de la journée. Le ciel offrait quelques éclaircies et le soleil baissait à l’horizon, la plus belle lumière qui soit.

La première photo fut pour cette sculpture moderne de la place de Halle, une femme qui escalade un poteau métallique dressé vers le ciel. Une œuvre d’art que j’ai photographié souvent mais jamais sous cette angle.

Le seconde fut prise d’un pont. Un coucher de soleil on ne peut plus classique sur l’Ill mais la perspective me plaisait comme les lumières.

Passé le pont, il y avait le quai longeant l’Ill, au bout duquel pointait le soleil. J’y voyais déjà une image en noir et blanc hyper contrastée dont j’ai l’habitude.

La quatrième et dernière s’est présentée à moi cinquante mètres plus loin. La la ville se reflétait dans une grande façade vitrée aux couleurs du couchant.

Chacune de ses images est passée par Lightroom. La femme dans le ciel n’a pas exigé beaucoup de travail. J’ai par contre passé beaucoup de temps sur la photographie du pont, atténuant le soleil, renforçant les reflets, masquant les lumières parasites. La photo des quais fut vite réglée, c’est une technique que je maîtrise bien maintenant et je suis nettement plus à l’aise en noir et blanc. J’ai pas mal tâtonné avec la façade vitrée, déjà pour redresser l’image et ensuite pour choisir entre noir et blanc et couleur. J’ai finalement opté pour la dernière solution. 

Sur ces quatre photographies prises en quelques minutes dans un rayon de deux-cent mètres, trois on fait un bide et une à dépassé les cent favoris sur Flickr.

Dans une exposition j’aurais tout misé sur la rue en noir en blanc mais c’est le couché de soleil sur le pont qui à eu du succès. Je ne suis pourtant pas vraiment satisfait du développement malgré les leçons que je poursuit sur Lightroom.

Il est vrai que je me suis retiré de nombreux groupes Flickr où je partageais abondamment mes photos pour ne me concentrer que sur une petite poignée en fonction du thème de l’image. Du coup je touche nettement moins de monde.

Ce week-end je vais essayer d’aller au marché de Noël équipé d’un pied photo pour réaliser des images de nuit. L’exercice risque d’être périlleux avec la foule compacte mais l’aventure est tentante.

Dim Gray – Firmament

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Il y a peu de temps, je vous parlais de Flown du jeune groupe norvégien Dim Gray. Leur second album Firmament est dans les bacs depuis plusieurs semaines, alors pourquoi ai-je tant tardé à en parler ici ?

J’avoue que j’ai eu du mal à rentrer dedans, tout simplement.

Attention ne me faites pas dire ce que je n’ai pas écrit. Firmament est un très bel album. Sauf qu’il est assez différent de son prédécesseur. Le folk s’est effacé à la faveur d’une pop progressive symphonique tout à la voix d’Oskar.

Du coup, j’ai été assez déstabilisé.

Firmament, ce sont douze titres pour une durée totale de trois quart d’heure. Des morceaux de trois à quatre minutes qui débutent par un ‘Mare’ assez abrupt pour ouvrir un album.

C’est le dernier morceau de Firmament, ‘Meridian’, qui a tout d’abord fait vibrer mes enceintes. Un croisement improbable entre la musique de Vangelis avec une orchestration symphonique et la voix d’Oskar. Une pièce majestueuse, intimiste et grandiose, peuplée de piano, de synthétiseurs et d’une orchestration numérique.

Rassurez-vous, ce n’est pas la seule. Il y a ‘Undertow’ par exemple avec son ambiance à la Tim Burton  qui monte en puissance avec force de cordes, orgues et percussions. Je pourrais l’écouter en boucle.

Mais la tendance de l’album est nettement plus pop que dans Flown. ‘Long Ago’ est un bon exemple. Cependant ‘My Barrel Road’ et ‘Iron Henry’ renouent avec les ambiances irlandaises de leur premier effort. Il y a également le chant assez étrange de Hakon qui tranche sur le morceau ‘Cannons’ comme lorsqu’il accompagne Oskar sur trois autres titres. Un morceau qui casse avec l’apparente homogénéité de Firmament. 

L’album est en effet plus lisse que son prédécesseur. Il ne possède plus l’effet nouveauté et fraîcheur que Flown avait pû avoir sur le public.

Firmament poursuit l’exploration des sentiments de solitude et de mélancolie déjà abordés dans Flown, une continuation de leur premier album aux coloris acoustiques du piano, de la mandoline, du violon, du violoncelle ainsi que de l’électronique avec les claviers, les orchestrations et les guitares.

Après plusieurs écoutes j’ai apprivoisé Firmament. La production très soignée rend sa découverte très agréable. Cependant, malgré de très beaux morceaux , je lui préfère toujours Flown.

18 heures d’une vie de chien

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5h – Warf !

6h – Grrrr… grrr ! Warf warf warf ! Chut ! Couché !

7h – Pinpon pinpon ! Ahouahou !

8h – Waw ! Waw ! Waw ! Mais tu vas te taire !

9h – Rufff rufff ! Warf warf ! Waw waw ! Ahouahou !

10h – Dring ! Waw ! Waw waw waw waw waw !

11h – Tut ! Tut ! Warf ? Warf ! Warf ! 

12h – … Rufff ! Warf ! Waw !

13h – Pinpon ! Pinpon ! Ahouahou ! Ahouahou ! Warf ? Rufff ! Rufff ! Ahouahou !

14h – Miaou ? Rufff Rufff ! Warf ! Warf ! Sshhh !

15h – Tut ! Tut ! Grrr ! GRRR ! Wouf  ! Waouf ! Kay ! Kay !

16h – Wroum wroum ! Rufff ! Waouf ! Warf ! Waw !

17h – Alors le kiki, il a été sage ? Il va se promener ? Warf ! Warf !

18h – Waw waw waw ! Alors comment ça va voisin ? Waw waw waw ! Couché ! Waw waw waw ! Tu vas te taire ? Waw waw waw ! Con de chien !

19h – Alors ma collègue m’a dit Waouf  ! tu vas te taire Waw waw ! et demain y a Michel qui va Rufff Rufff ! allô, tu m’entends, non c’est le chien Waf waf ! et donc il m’a dit…

20h – Grrrr, grrrr, grrrr ! Chut ! Grrrr ! Waf !

21h – Pinpon pinpon ! Ahouahou !

22h – Miou ? Waouf ! Waouf ! Ils sont pénibles avec leur chat, ils pourraient le rentrer le soir.

23h – Grrr… grrr ! Bonne soirée voisins ! Warf ! Warf !

Dans la cour goudronnée de dix mètres carrés en contrebas, sur le balcon de l’immeuble d’à côté, au troisième étage de la maison voisine, sur la terrasse au fond du jardin, il y a des chiens. Berger australien, labrador, roquet, doberman, il y en a de toutes les couleurs et de toutes les tailles.

Je n’ai pas l’air comme ça mais j’adore les chiens et si je n’en ai pas c’est justement parce que je les adore ! Un chien est un animal social qui déteste rester seul. Un chien a besoin de sortir une à trois heures par jour, pas juste aller pisser devant le portillon des voisins ou poser un étron au milieu du trottoir, mais de courir dans nature.

C’est tellement mignon un chiot, c’est même irrésistible. Sauf que la petite boule de poils va rapidement grandir et si elle n’a pas été correctement éduquée, elle va se transformer en animal agressif et névrosé. Garder un chien en appartement, c’est tout simplement cruel. L’animal a besoin de sortir pour se soulager et se dépenser, a besoin d’espace pour dégourdir ses jambes. Lorsque vous n’êtes pas là, le chien aboie à rendre fou le voisinage mais vous ne le savez pas, vous n’êtes pas là. Jusqu’au jour où un voisin excédé glisse un mot doux anonyme dans votre boîte aux lettres.

A la campagne, les chiens qui aboient, c’est presque rassurant au milieu du grand silence. En ville, entassés les uns sur les autres, c’est tout simplement insupportable ajouté aux autres nuisances urbaines.

Nous avons six chiens qui s’expriment à tour de rôle ou bien en chœur dans un rayon de cinquante mètres autour de la maison, ça fait beaucoup, beaucoup trop. Cela le donne envie de prendre, comme nos sympathiques voisins, un gentil cocker roux. C’est mignon comme chien chien, c’est joueur, débordant d’énergie et ça aboie tout le temps sur tout ce qui bouge.

Z neuf

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Depuis sa sortie, je fantasme sur le boîtier pro hybride haut de gamme de chez Nikon.

Plusieurs raisons à cela, son capteur, son grip intégré, le shutter absent des autre modèles de la gamme, son autofocus accrocheur et mon vieux D810 qui est à bout de souffle.

Le monstre coûte un bras et, il y a peu, je n’aurai pas eu les moyens de me l’offrir sans saigner le budget familial. 

Un tel boîtier dans les mains d’un amateur, c’est clairement de la confiture donnée aux cochons.

Mais soudain, j’ai eu les moyens de mon rêve, alors pourquoi ne pas me la peter devant mes camarades de jeu pendant les concerts après tout ?

J’y vais, j’y vais pas ? Allez ! Qu’est-ce cinq mille neuf cent quatre vingt dix neuf euros pour un smicard ? 

Plusieurs mois de salaire…

Mi novembre, le Nikon Z9 est redevenu disponible chez les revendeurs, je pouvais réaliser mon fantasme.

Pourtant c’est un petit accessoire à moins de cent euros qui a principalement fait basculer mon choix. Le Kase filter dont je vous ai déjà parlé et qui redonne ses lettres de noblesse au Nikon Z6 II.

Ensuite il y a ma fibre écologique qui a fait pencher la balance. Pourquoi acheter quelque chose dont je n’ai pas forcément besoin et qui lors de sa fabrication possède une empreinte carbone non négligeable sans parler des terres rares nécessaires et de son transport en Europe.

Il y a également le fait que je couvre nettement moins de concerts et que le Z6 est un boîtier plus lumineux que le Z9. J’ai même testé Chez Paulette une config avec un seul boîtier et un objectif. Ça peut le faire car je travaille principalement au 70-200 mm ouvert à 2.8.

Donc c’est décidé, je vais rester avec le Z6 II. J’ai déjà étendu ma gamme d’objectifs à monture Z avec le 40-2 et le 24-200. Le premier pour la vidéo, le second pour les promenades. J’utilise nettement moins le D810 lourd et encombrant, surtout avec son grip, et même le Panasonic GX9 que j’emmenais partout commence à être remplacé par le Z6 sans le grip équipé du 40 mm pour voyager léger.

Je louche quand même du côté des drones de temps en temps pour faire des clichés vu d’en haut de paysages et châteaux. Quand je vois certaines photographies vues du ciel ça me fait envie. Mais c’est encore un gadget onéreux qui ne servirait pas souvent, tout ça pour faire moins bien que d’autres photographes. 

Je vais par contre surveiller les futures productions TAMRON pour la monture Z. Pour l’instant il n’y a qu’un 70-300 mm au catalogue mais il est question que cela évolue. J’aurais bien besoin d’un objectif macro et d’un bon doubleur.

Hypnagone – Qu’il Passe

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Si vous appréciez Gojira et Klone et que êtes un peu chauvin, difficile de passer à côté du premier album du jeune groupe français Hypnagone.

Le quatuor metal progressif n’a pas froid aux yeux. Il mélange growl, atmosphères floydiennes, influences jazzy, chant clair, cinématique space rock et metal. De fait, l’album intitulé Qu’il Passe, séduira forcément un prog head pendant au moins quelques minutes, quitte à l’effrayer un peu à d’autres moments. Et des moments, il va y en avoir beaucoup pendant plus d’une heure et onze morceaux. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’album n’a rien de monotone. Cela va en effet du très planant ‘Moss’ au ‘White Fields’ écartelé.

Voilà plus d’une année que j’attendais la sortie de Qu’il Passe, après avoir découvert leur single ‘Shibboleth’ sur Youtube. Si ce premier titre m’avait emballé, j’avoue qu’il m’a fallu pas mal de temps ensuite pour apprivoiser l’album.

Parce que voilà, Hypnagone se vautre parfois dans le metal extrême et le growl est tout particulièrement goret, limite s’il ne déchire pas les tympans comme dans ‘White Fields’. ‘Spannungsbogen’ est également pas mal dans son genre question gueulante mais il est à classer à part, tant son écriture est juste géniale, limite expérimentale avec même des passages de chant clair.

Il y a également ‘Dross’, truc assez barré, metal jazz cinématique growlé, que l’on aurait tendance à rejeter au premier contact et qui s’avère au final incroyablement complexe et perturbant. Mais comme le titre précédent, il est génial.

Heureusement pour vous, les titres extrêmes alternent avec des choses nettement plus mélodiques qui atténuent pas mal la violence de la musique comme dans ‘The Step Inward’ qui succède au terrifiant et génial ‘Spannungsbogen’.

Plusieurs pièces flirtent avec les huit minutes, des longs formats très progressifs qui laissent du temps à la musique de prendre sa pleine mesure. L’album est encadré par deux instrumentaux façon post-rock, ‘Arrival’ et ‘Light Bulb’, une habile manière d’entrer en matière et d’en ressortir en douceur.  A tel point que l’on se demande, à la fin de ‘Light Bulb’, pour quelle raison on se retrouve avec des ecchymoses aux oreilles. Du coup, on repart pour un tour, et arrivé à ‘Spannungsbogen’, on se souvient.

N’oublions pas le troisième instrumental ‘Elegy’ qui fait suite à l’éprouvant ‘White Fields’. Une pièce de moins de trois minutes sur des enregistrements audio en français. Pas mal de morceaux jouent de compromis. Le chant clair et le growl se partagent équitablement le temps de parole comme dans le titre ‘The Step Inward’ et cela rend l’écoute nettement plus facile pour un prog head.

Mais surprise, au milieu de l’album pousse un arbre, un titre jazzy à souhait, sorte de parenthèse au milieu de cette tempête de métal où brille un sublime solo de guitare d’anthologie signé Eric Hurpeau.

Il y du pour et du contre sur ce premier album du groupe Hypnagone. Le growl phagocyte un peu trop la partition pour l’ancien baba cool que je fus et si je n’ai rien contre les cris, ici je suis moyennement fan du timbre. Après, il y a des compositions éblouissantes comme ‘Shibboleth’, ‘Spannungsbogen’, ‘Dross’ ou ‘L’arbre’, alors si le growl ne vous fait pas peur, allez y jeter une oreille attentive il est sur Bandcamp

Le mot de Cambronne

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La nouvelle série Star Wars était à peine sortie que toute la presse s’en emparait. 

Andor est un préquel au film Rogue One, vous savez, celui où tout le monde meurt à la fin. La série raconte comment Cassian Andor se retrouve embrigadé dans la rébellion.

On y découvre Cassian à plusieurs époques : dans une tribu d’enfants sur une planète abandonnée de la république, adulte, fuyant la justice pour un double homicide qu’il a bien commis, errant sur une planète brumeuse pour attaquer une base de l’Empire et enfin enfermé dans les geôles de l’Empire.

Les enfants survivalistes qui se battent armés de sarbacanes contre des blasters, cela me tape particulièrement sur le système et le rythme embrumé de la série n’arrange pas grand chose à l’affaire. L’interminable échange entre un sergent fanatisé et son supérieur zélé est tout simplement pathétique et lourdingue. Bizarrement, si les paysages dans la brume ça va un temps, enfermée entre quatre murs blancs, l’action semble enfin décoller.

Les médias ne se sont pas vraiment intéressés à l’intrigue mais font une fixette sur une interjection prononcée par un personnage lors du troisième épisode.

Oui, parce que, pour la première fois dans toute l’histoire de Star Wars, un ‘merde’ aurait été prononcé. Je ne l’ai même pas remarqué… Mais, étant donné qu’il y a pas grand chose à raconter sur Andor, je vous le livre cette incroyable information en pâture.

Et puis il y aurait le premier coupe lesbien crédible de l’histoire Disney. Bon, si vous le dites… quel couple au juste ?

Andor est une série lente, brumeuse, blanche et ennuyeuse ou un seul personnage crève vraiment l’écran, celui de Luthen Rael joué par le suédois Stellan Skarsgard qui, vers la fin de la série, lache une magnifique réplique sur l’engagement. Dommage qu’il n’ait qu’un rôle secondaire dans l’histoire car l’acteur principal, Diego Luna, dans le rôle de Cassian ne convainc pas vraiment, disons pas plus que dans Rogue One.

Du coup, un peu frustré par cette nouvelle série Star Wars, je me suis refais avec bonheur les deux saisons de The Mandalorian et j’ai continué avec Obiwan Kenobi. Il faut bien occuper les longues soirées brumeuses d’automne enfermé entre quatre murs.

Superluminal

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Il y avait bien longtemps que je n’avais lu un Vonda McIntyre. Cette réédition chez Mnémos m’a fait de l’œil chez le libraire et je ne regrette pas ce magnifique voyage à des vitesses supérieures à la lumière.

Superluminal parle principalement de trois personnages, Laena, une terrienne qui vient d’être opérée pour devenir pilote, Radu, un jeune homme venant d’une planète terraformée et Orka, une humaine transformée génétiquement en plongeuse. 

Le roman parle d’amour impossible, de voyage supraluminique, des dimensions de l’univers, de la frontière invisible entre les rampants et les pilotes, de l’exploration, d’un univers utopique à la Ursula le Guin, des sacrifices pour atteindre ses rêves.

Un livre profondément humain, beau, inquiétant parfois, qui esquisse une théorie du voyage spatial sans l’expliquer vraiment, qui décrit une société très différente de la notre ou l’homme a presque aboli les frontières des espèces, de l’espace et du temps. 

Un livre paru en 1983 et qui n’a pas pris une seul ride et qui propose en bonus une interview de l’auteure réalisée en 2019.

Kite Parade – The Way Home

Derrière le nom Kite Parade se cache le guitariste et chanteur Andy Foster inconnu jusqu’au jour où Pete Jones en a fait la promotion lors d’un Bandcamp friday. Je serai certainement passé à côté de l’album The Way Home sans le message de Pete et cela aurait été vraiment dommage. Donc merci Pete.

Kite Parade donne dans la pop rock progressive à la manière de It Bites ou de The Urbane si vous connaissez. Des titres qui ne prennent pas la tête et qui rappellent certains titres de John Mitchell ou de Lifesigns.

Chant, basse et guitares sont à l’honneur avec de temps en temps du saxophone et des claviers, tous joués par Andy. Pour la batterie, c’est Nick D’Virgilio et Joe Crabtree qui s’y collent.

Un projet solo furieusement accrocheur.

Les sept titres de l’album vont du très long ‘Stranded’ et son quasi quart d’heure au plus raisonnable ‘Going Under’ qui atteint presque les quatre minutes trente tout de même.

Le prog élitiste ne trouvera probablement pas son content dans The Way Home. L’album ressemble en effet à pas mal d’autres formations, ne cherchant pas la démonstration et s’acoquinant souvent avec la pop. C’est justement ce qui fait son charme, une évidente fraîcheur qui cache pourtant des formes progressives assez élaborées.

La voix d’Andy comme son jeu à la guitare contribuent beaucoup au plaisir de cet album. Un chant médium clair qui possède un peu le phrasé de John Mitchell mais avec un timbre plus agréable.  Sa technique de guitare très variée à l’acoustique comme à l’électrique complète d’agréables mélodies. Les claviers sont plus plan plan, souvent neo-prog eighties inspirés de Tony Banks ou John Beck sorti de ‘Sufer No Longer’ qui nous livre du piano et de l’orgue.

‘Stranded’ juxtapose  cinématique, blues, jazz et neo-prog, rappelant un peu Gary Moore ou Kino. Un titre à tiroirs d’une quinzaine de minutes qui tient merveilleusement bien la route, prouvant si besoin était que Andy est très à l’aise avec la forme longue. ‘Strip The Walls’ et ‘Going Under’, au milieu de morceaux pop rock progressifs, imposent un ton plus musclé. Le premier ‘Ship The Walls’ est tout particulièrement rock par rapport au reste du disque. 

The Way Home est une très belle découverte. Un album qui pourrait toucher un large public et pas uniquement la sphère vieillissante des progueux à condition de se faire connaître un peu plus. Pour ma part il rentre dans ma petite liste des albums de l’année.

Slow Horses

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C’est à l’Etable que croupissent les agents du MI5 qui ont merdé. Les autres profitent des confortables locaux du Parc, de vraies mission et d’une hiérarchie solide.

A l’étable, les bureaux sont miteux, le boss crade, exécrable et alcoolique, et surtout, il n’y a rien à faire.

Jusqu’au jour où un jeune musulman est kidnappé par un groupuscule d’extrême-droite, les Fils d’Albion, qui menacent de le décapiter.

A cause du zèle d’un jeune agent fraîchement parqué avec les bœufs, l’Étable se trouve embarquée dans une affaire d’état qui très vite les dépasse.

La première saison de Slow Horse, en six épisodes, mélange action, humour grinçant et espionnage avec brio. Les personnages parmi lesquels deux acteurs tiennent le haut du pavé, Kristin Scott Thomas et Gary Oldman, rendent crédible cette aventure très british  et improbable.

La série est très éloignée des clichés de James Bond et plus proche du gaguesque OSS 117 ou de San Antonio (notez mes références culturelles au passage). Des agents sans gadgets, patauds mais pour certains pleins de bonne volonté qui se retrouvent mêlés à une affaire qui les dépasse complètement.

Si le premier épisode bourré d’action à deux cent kilomètres heures donne l’impression de plonger dans un blockbuster hollywoodien, la suite oscille entre farce et espionnage glauque.

La saison une est fabuleuse et j’espère que la suivante tiendra ses promesses.

Mystery Chez Paulette

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Si j’ai manqué les concert de Petter Carlsen et celui d’Altesia à Pagney-derrière-Barine, je ne pouvais faire l’impasse sur celui des québécois de Mystery

Le brouillard ne donnait pourtant pas envie de prendre la route mais comme mes indicateurs biologiques étaient au vert, je suis parti me perdre sur les petites route de Meurte-et-Moselle.

Mystery est une formation de rock progressif menée par le fabuleux guitariste Michel Saint-Père et le chanteur charismatique Jean Pageau. Un groupe qui a débuté sur des fondations néo-progressives et qui sur les deux derniers albums vire plus au prog symphonique. 

Ce sont des habitués de Chez Paulette où ils se produisent régulièrement et à chaque fois pour leur unique date française. La dernière fois qu’ils sont passés, c’était en 2018 et je n’étais pas au top de ma forme pour apprécier leur prestation à sa juste mesure.

Comme d’habitude, un concert chez Paulette est l’occasion de retrouvailles avec de vieux amis, les organisateurs de la soirée et des amateurs de rock progressif. Autrefois je discutais avec une poignée de lecteurs du magazine Neoprog, aujourd’hui c’est avec ceux qui suivent les Chroniques en Images. Des retours sympathiques et encourageants qui donnent envie de poursuivre l’aventure.

Je suis venu avec un seul appareil photo, le Nikon Z6 II que je redécouvre en ce moment. J’ai pris deux cailloux, le 24-70 et le 70-200 tous deux ouverts à 2.8 constant et au final je n’utiliserai exclusivement que la longue focale. Des photos plaisir sans contrainte qui me permettent également de profiter pleinement de la musique.

Mystery arrive vers 20h30 dans une salle bien remplie mais pas comble. Il y a toutefois beaucoup plus de monde que pour Petter Carlsen et Tanyc. 

Le groupe va jouer plus de trois heures avec un petit break en milieu de soirée, une sacré performance surtout en fin de tournée européenne.

Outre les grands classiques de leur répertoire comme ‘Delusion Rain’, ils nous jouent un nouveau titre de leur prochain album ‘Behind the Mirror’ qui devrait être dans les bacs en avril 2023.

La bonne humeur est au rendez-vous, les ‘cousins’ ne manquent pas d’humour quand le bassiste explique pourquoi il est assis pour jouer et que le batteur explique à son tour pourquoi lui aussi est sur un tabouret. Jean Pageau chante comme toujours au diapason même s’il a plus de mal avec sa flûte traversière et les soli de guitares sont à tomber par terre.

Ils terminent leur set par deux titres assez rocks dans l’esprit de Rush (ne me demandez pas lesquels) avant de rejoindre les fans dans la salle pour discuter avec eux et signer des autographes. Moi je repars avec un vinyle, la réédition de l’album Beneath The Veil Of Winter’s Face datant de 2007. Autant en profiter lorsque l’on connait les frais de port et de douane lorsque l’on achète quelque chose au Canada.

Mystery a promis de revenir prochainement Chez Paulette, peut-être pour la promotion de leur prochain album qui sait ? En attendant l’association ArpegiA nous prépare pour 2023 un concert de RPWL et également, une grosse grosse surprise, mais ils n’ont pas voulu me dire qui, ça n’est pas encore signé.