À sa sortie, Chien 51 m’avait déçu. Un roman policier futuriste que ne collait pas bien à la magnifique plume de Laurent Gaudé. Et puis l’auteur a écrit une suite, Zem, que mon épouse a adoré, alors je m’y suis plongé, avec toutefois une petite pointe d’appréhension.
Zem est un ancien policier grec exilé travaillant aujourd’hui pour GoldTex. Il est devenu, après une tentative de suicide, garde du corps d’un des deux puissants de l’état société. Mais lors d’une de ses missions, il se retrouve embarqué dans une enquête avec son ancienne collègue. Cinq cadavres sont retrouvés dans un container sur le port, lors de l’arrivée très médiatisée d’un cargo. Son enquête va le ramener là où jamais il ne pensait retourner.
Laurent Gaudé dépeint dans Chien 51 et plus encore dans Zem une société cynique, totalement tournée vers le profit, en pleine crise climatique, où les êtres humains sont traités comme des esclaves. Un monde pas si éloigné du nôtre et dans lequel personne ne voudrait vivre.
J’ai préféré Zem à Chien 51, peut-être parce que j’étais mieux préparé à son univers et pas surpris par cette incursion timide dans le monde de la science-fiction. Ce n’est certainement pas le meilleur Laurent Gaudé, mais il se lit bien.
Samedi, l’association musicale Toïtoïtoï fêtait ses dix ans au Pavillon Joséphine à Strasbourg. Une journée remplie de musiques et de conférences autour du handicap.
Les festivités débutaient à 11h pour finir après 22h, avec au programme six concerts et trois conférences.
Et le photographe officiel, c’était moi…Arrivé à 10h par un froid glacial, j’ai pris mes marques dans la salle de concert, installant une table et un Mac pour traiter mes images au fil de l’eau, histoire de gagner du temps et m’occuper entre les concerts.
En parlant de concerts, il y avait au programme du chant lyrique avec le Duo Absinthes et un violoniste invité, un récital classique, des polyphonies, un concert de blues, le groupe folk parisien Beneath My Sins et pour finir la troupe de Toïtoïtoï. Oui tout ça quand même !
J’ai commencé les photos à 11h avec Illuminations, des œuvres de Benjamin Britten, Samuel Barber et Philip Glass joués au piano et violon avec Clarissa au chant. J’avais déjà eu l’occasion d’écouter le Duo Absinthes dans une église à Strasbourg il y a quelques années avec mon épouse. J’ai été cette fois, particulièrement soufflé par la beauté du récital. La pianiste Motoko accompagne à merveille Clarissa et l’arrivée de Ferdinand au violon dans l’ensemble ajoute de la matière aux œuvres interprétées. Par contre la salle ne se prêtait guère à la photographie avec sa lumière crue et ses murs blancs. J’ai fait comme j’ai pu.
J’ai manqué le concert classique pour des raisons alimentaires. Le food truck Ma chouette crêperie qui proposait des crêpes et des galettes, délicieuses au passage, était pris d’assaut et lorsque j’ai eu terminé d’engloutir la galette complète, la crêpe à la confiture de mandarine avec un expresso serré, c’était la fin des Polyphonies chantées par les voix de Toïtoïtoï. J’ai quand même pu faire quelques photographies à l’arrache.
Peu après 15h, démarrait le concert Blue Toï dans la salle de concert. Un set en deux parties avec tout d’abord des compositions originales de la chanteuse Elise Kocer (ma voix préférée de Toïtoïtoï, mais chut !) et ensuite l’histoire du blues, racontées par une partie de la troupe.
Elise s’accompagnait au piano sur des textes en français. Des textes durs et sombres qui tranchent avec sa voix envoûtante. Quatre courtes chansons sur une musique assez blues qui m’ont laissé relativement mal à l’aise. Un univers aux paroles crues et très noires sur quelques accords au piano. N’empêche, c’était beau.
Le blues band prend la suite avec une demie heure de musique et de chant revisitant des classiques de Presley jusqu’aux Blues Brothers. Rien de tel pour réchauffer l’atmosphère.
Le temps de transférer mes photos sur le Mac, et Beneath My Sins, avec qui j’ai inévitablement sympathisé, puisqu’ils ont honteusement squatté mon bureau pour se maquiller, sont montés sur scène pour nous livrer un set énergique et bondissant, entre folk et métal.
J’ai adoré. J’ai aussi couru dans tous les sens pour essayer de capturer leur prestation, brûlant mes dernières cartouches d’énergie. Après ça, j’étais cuit.
Le quatuor, violon, flûtes, guitare, batterie court dans tous les sens, harangue le public (pas assez nombreux à mon goût), plaisante et joue un folk métal festif à reprendre en chœur. C’était très bon !
Puis vers 20h45, Toïtoïtoï est monté sur scène pour le dernier concert, le troisième de l’après-midi tout de même. Enfin ‘monté’. Clarissa et Eric ont remonté l’allée en direction de la scène en chantant, elle en mariée, lui en Barbe Bleue, avant de rejoindre les musiciens. Une magnifique pièce d’ouverture suivie d’un second duo encore plus émouvant.
Les différents tableaux se sont succédés, entre émotion, rock, gaudriole et grand spectacle, ne laissant aucun répit au public venu en force. Le concert était sold out depuis la veille.
Malgré un micro capricieux, dans un spectacle comme Toïtoïtoï il y a énormément de micros à gérer, et des éclairages perfectibles, la troupe nous a livré un show de grande qualité, sans doute un des meilleurs auquel j’ai assisté, revenant sur dix années de travail et de passion.
Des anciens et des nouveaux de Toïtoïtoï se sont joints à cette soirée, comme Marianne, la violoniste du groupe Beneath My Sins. Une grande réunion et une journée festive qui aura fait découvrir au public présent des genres musicaux très variés ainsi que des les sensibiliser aux problèmes liés aux handicaps.
Vers 23h, soit treize heures après mon arrivée, j’ai quitté le Pavillon Joséphine et traversé le Parc de l’Orangerie plongé dans le noir par moins cinq degrés sous abri, lourdement chargé de mes deux sacs et plus de huit-cents photos, totalement épuisé mais heureux. Le plus dur restait à faire, à savoir trier, développer et publier les images sélectionnées, activité qui a occupé toutes mes heures de loisirs jusque mercredi soir.
Bravo à Toïtoïtoï pour l’organisation de cette journée exceptionnelle, bravo à tous les artistes et les associations présentes et à dans dix ans, cette fois ci au Zénith.
J’imagine qu’il n’est plus besoin aujourd’hui de vous présenter le groupe norvégien Gazpacho propulsé sur le devant de la scène par Marillion en 2004.
Gazpacho a toujours été un mouton noir dans la mouvance progressive avec la voix si particulière de Jan-Henrik et les mélodies très intrigantes des musiciens. Souvenez-vous des albums Night ou Tick Tock pour n’en citer que deux.
Je crois que nous avons tous été surpris par le single ‘We Are Strangers’ sorti le 16 octobre dernier. Cela ne m’a pas empêché de commander leur dernier disque Magic 8 Ball, car si mes débuts avec le groupe n’ont pas été des plus simples, depuis March of Ghosts, je suis un inconditionnel du groupe.
J’imagine que certains fans intégristes ont été traumatisés par la sortie de leur dernier opus, car Gazpacho a clairement décidé de sortir des sentiers battus et rebattus depuis 2002. Mais ne prenez pas peur, vous allez retrouver souvent la forme traditionnelle du groupe dans leur dernier album. N’empêche, assez régulièrement, de petites touches plus mainstream, des bizarreries inattendues, viendront troubler le fan de la première heure.
Si ‘Starling’ ne devrait pas vous surprendre même s’il s’agit le titre le plus long de l’album, jouant de piano, de violon, de mélancolie et de cette voix si particulière, ‘We Are Strangers’ va mettre à rude épreuve vos convictions. Chant vocodé, touches électros, refrain commercial, batterie nerveuse, difficile de reconnaître au premier abord les norvégiens dans cet OVNI. Il n’y a que le chant de Jan Henrik auquel se raccrocher.
Paradoxalement, j’adore ! Sans doute parce que j’aime mes prises de risque.
Et ‘We Are Strangers’ n’est pas l’exception, même si les morceaux qui suivent apportent leur quota de nouveauté de manière nettement moins frontale.
C’est une guitare, des claviers, une manière de chanter, une écriture plus commerciale, qui vont troubler l’ordre établi. Il y a par exemple un passage de basse/batterie au milieu de ‘Gingerbread men’ que l’on ne voit pas arriver et qui laisse place à une continuation très marillionesque à la manière du titre ‘Montreal’.
Difficile d’ignorer le ‘8-Ball’ très Bouglione où Jan-Henrik descend de presque une octave, dans un registre que je ne lui connaissais pas et qui lui va très bien.
Enfin, que dire du dernier titre intitulé ‘Unrisen’ construit d’une multitude de sonorités étonnantes tout en conservant une très grande cohérence ?
Alors oui l’album Magic 8 Ball va vous déstabiliser lors des premières écoutes, mais c’est pour mieux se faire apprécier. Petit à petit, toutes les étrangetés s’estompent pour devenir la norme. Plus vous avancerez dans sa découverte, plus vous tomberez sur des pépites cachées dans les mélodies et plus vous aimerez cet album.
Il rentre évidemment dans mon top 2025 et je vous invite à l’écouter d’urgence si ce n’est pas encore fait.
J’ai découvert la plume d’Olivier Norek en début d’année avec Les Guerriers de l’Hiver, un roman historique impressionnant sur l’invasion de la Finlande par l’URSS de Staline.
Avec Surface, c’est une toute autre histoire que raconte l’écrivain. L’histoire d’une flic des stups mise au placard dans un village de l’Aveyron après avoir été défigurée par un tir au visage. Un polar en forme de cold case où la flic, en pleine reconstruction, remue de lourds secrets enfouis sous la surface d’un lac artificiel.
Vingt-cinq ans auparavant, alors que se construisait le grand barrage près du village d’Avalone, trois enfants disparaissaient sans laisser de traces, kidnappés par un certain Fortin. Sauf qu’un matin, ce qui reste du corps d’un de ces enfants, est retrouvé dans un bidons, flottant sur le lac.
Noémie Chastain, initialement envoyée à Avalone pour rédiger un rapport sur le commissariat menacé de fermeture, se retrouve à la tête d’une enquête pour homicide vieille de vingt-cinq ans. Une affaire de disparition qui a traumatisé un village finalement pas si paisible que cela.
Le roman est admirablement bien construit, sans un seul temps mort, dévoilant au fil des pages le personnage complexe de Noémie Chastain et des villageois, comme ce M. Valant le maire paysan de Avalone qui se bat depuis des années pour revitaliser son territoire.
Le télescope Schmitz Cassegrain Celestron 8 Edge HD possède une ouverture à f/d 10, c’est à dire qu’il a un diamètre de 203 mm pour une longueur focale de 2000 mm. Cela lui procure un fort grossissement mais réduit considérablement la lumière qui arrive jusqu’à l’œil.
L’instrument est idéal pour les objets petits et lumineux comme les planètes, nettement moins pour les objets du ciel profond (nébuleuses et galaxies) qui sont le plus souvent de faible magnitude, c’est à dire peu lumineux.
En ajoutant un petit accessoire à cinq-cents euros tour de même à l’arrière du tube, il est possible de rendre l’instrument plus lumineux. Cela s’appelle un réducteur de focale, un jeu de lentilles qui ouvre le champ de votre télescope, le faisant passer de f/d 10 à f/d 7, comme si votre focale avait perdu soixante centimètres. Pour un même objet photographié, avec ce réducteur, le temps d’exposition est divisé par deux, ce qui est considérable. Mais à ce prix là, cela fait quand même réfléchir.
J’ai trouvé ce réducteur neuf, à moitié prix, sur un site de vente chinois. Alors je n’ai pas hésité une seconde. C’est après que je me suis posé des questions, mais techniques celles-là.
Sur le télescope j’ai installé il y a quelque temps un porte oculaire Crayford qui me permet une mise au point beaucoup plus précise. La pièce d’acier pèse un kilogramme, mesure dix centimètres et se visse à l’arrière du tube. Rien n’est prévu pour visser le réducteur au Crayford si bien que j’ai ajouté entre les deux une bague d’adaptation. Le réducteur possède un back focus de dix centimètres (distance à respecter entre le capteur de la caméra et la dernière lentille du réducteur) et il pèse cinq cent grammes.
Une fois le réducteur fixé au Crayford et à la caméra, le télescope ainsi équipé est deux fois plus long et grossit de trois kilogrammes au passage, créant un terrible porte à faux sur la monture. Ce montage me permet cependant d’installer un focuseur sur le porte oculaire pour une mise au point automatique optimale.
Mais bon, cinquante centimètres de porte à faux cela fait réfléchir et puis après calcul, ma focale réelle est plus proche de 1600 mm que de 1400 mm à cause du Crayford et des allonges. Du coup je me retrouvae à f/d 8 au lieu de f/d 7.
Alors j’ai enlevé le Crayford pour fixer le réducteur directement sur le tube. J’ai acheté un kit pour fixer le focuseur directement sur le Celestron et j’ai testé cette nouvelle configuration à f/d 7. Le focuseur fixé sur le télescope n’est vraiment pas satisfaisant en mode automatique. Le jeu du miroir (ou shifting) est tellement important que l’Asiair n’arrive pas à réaliser une mise au point satisfaisante. Du coup j’ai démonté le focuseur et suis revenu à la bonne vieille méthode du masque de Bathinov.
En résumé, j’ai acheté un Crayford, un réducteur, un focuseur, un adaptateur pour le réducteur et un kit de fixation du focuseur sans parler des bagues d’allonge.
Mais au final, pour la photographie, je vais renoncer au Crayford, au focuseur, donc à l’adaptateur et au kit. Mon setup va maigrir d’un bon kilogramme, raccourcir de vingt centimètres et devenir deux fois plus sensible à la lumière.
Reste à tester tout cela sur Messier 101 lorsque les nuages se décideront enfin à ce dégager, ce qui n’est pas gagné.
Le groupe Psychonaut n’est pas totalement un inconnu pour moi. Je lui ai déjà tourné autour avec l’album Violate Consensus Reality sans pour autant conclure. Le trio belge de prog psyché né en 2011 vient de sortir World Maker le 24 octobre dernier, un album dix titres d’un peu moins d’une heure, qui me donnait l’occasion de me rattraper.
Le groupe Psychonaut bascule avec déroutante aisance des hurlements à la douceur, du violon à la guitare saturée. Leur musique est autant stoner, psychédélique que progressive, avec un ancrage marqué dans les seventies. Un mélange totalement explosif qui ne laisse pas une seconde pour s’ennuyer. Vous entendrez des influences venues de Tool, Led Zep, Mastodon ou encore Pink Floyd avec tout de même nettement plus de poussées d’adrénaline que les groupes précités.
Stefan De Graef, le chanteur et guitariste du groupe, joue de taping assez halluciné avec sa six cordes comme dans le titre ‘Endless Currents’. Cette technique est clairement pour moi la signature du groupe Psychonaut en plus du côté grandiloquent des compositions. Car en plus de partir dans le chant hurlé assez souvent, Psychonaut donne dans le grand spectacle cinématique, comme dans le morceau ‘… Everything Else Is Just The Weather’.
En plus du trio guitare, basse, batterie, World Maker regorge d’arrangements, voix, claviers, percussions et orchestrations comme dans l’instrumental orientalisant ‘Origins’. La musique s’en trouve fortement enrichie, lui donnant un aspect nettement moins brut de décoffrage que le stoner de base tout en la rapprochant fortement de la mouvance progressive.
World Maker est un concept album empreint de mysticisme. Il parle avec émotion et violence d’une divinité faiseuse de mondes, le « world maker » si vous ne parlez pas anglais. Après, j’avoue ne pas avoir tout compris aux textes qui ne donnent pas vraiment dans l’explicite. Par contre, ils sont magnifiques et écrits comme des poèmes.
Si je devais mettre en avant un seul titre de Psychonaut, ce serait sans doute ‘Stargazer’ qui alterne avec brio poutrage et fragilité pendant pas loin de huit minutes. Il y a du growl, du chant clair à la manière d’Anathema, un refrain à la Steven Wilson, du bon gros metal,de la guitare acoustique limite folk, bref un véritable bento métal progressif.
World Maker est un album tout en puissance mais également d’une grande subtilité avec des passages fragiles et explosifs. Je n’ai pas grand chose de plus à en dire, sorti du fait qu’il rentre de ce pas dans ma petite sélection d’albums de l’année qui a des chances d’arriver dans le trio de tête 2025. Allez l’écouter d’urgence, vous le trouverez sur Bandcamp.
Il semblerait que la justice ne soit plus contrôlée partout par le pouvoir. Il semblerait que les hommes politiques de tous bords doivent aujourd’hui rendre comptes de leurs actes.
Un ancien président en fait actuellement les frais et une partie de la classe politique s’indigne de cet acharnement juridique sur cet homme si respectable. On ménage même les juges. Une extrémiste qui risque également gros, s’emporte contre la méchante justice, elle qui critiquait il n’y a pas si longtemps, l’impunité des politiques.
C’est vrai, que fut une époque, bénie pour certains, il était communément admis de recevoir des diamants de la part d’un dictateur sans que cela ne fasse grand scandale. Un président pouvait mettre sur écoute ses détracteurs sans l’avis d’un juge. Il était normal de mentir sur l’avancée d’un nuage radioactif, d’échapper à toutes poursuites dans une affaire d’avions renifleurs, de ne pas être jugé responsable dans un scandale de sang contaminé.
Le temps de la justice est très long. Des années d’enquête, d’audition, de jugement, d’appel pour arriver souvent à un non lieu ou le décès de l’accusé. Plusieurs présidents se sont tirés à bon compte des affaires qui ternissaient leur image de président de la république. L’un d’entre eux a eu moins de chance, après un bracelet il a écopé de la période. Ceci dit il trainait quand même pas mal de casseroles derrière lui…
On pourrait espérer qu’avec le premier emprisonnement d’un ancien président de la république, le monde politique français devienne moins opaque, que les malversations, pots de vins et magouilles en tout genres soient jugés sévèrement et les responsables condamnés. Il y aura peut-être un peu plus de transparence au pouvoir et nos gouvernants regagneront jour qui sait la confiance des électeurs.
A l’heure où je publie ce billet, le bonhomme est sorti de prison et n’aura fait que vingt jours de mitard accompagné par deux gardes du corps, mais il pourrait bien y retourner.
De nos jours, sans doute à cause de la profusion d’images sur Internet et de la démocratisation des smartphones, les gens ont oublié le prix de la pellicule.
Je veux parler de la valeur d’une photographie. 99% des gens prennent des images et les partagent aussitôt sur le web sans se poser de questions. Ils estiment donc naturellement qu’une image n’a pas de valeur et qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent d’un cliché disponible sur la toile.
Oui mais non. Sans entrer dans le détail des licences, les images ne sont pas toutes libres de droits. Par exemple, mes photographies sont sous copyright, tout droits réservés, c’est à dire que personne n’a l’autorisation de les utiliser sans mon consentement. Enfin, pas pour toutes, celles que je fais pour des associations ou des concerts sont un peu moins protégées.
J’ai eu, à plusieurs reprises, la désagréable surprise de découvrir que des journaux s’étaient appropriés mon travail sans en demander l’autorisation et d’en faire un usage commercial. J’avoue que c’est à la fois flatteur et énervant. Mais voilà, ce sont mes photos.
Vous trouvez que je me prends pour une diva, un artiste ? Je ne pense pas, ou alors je n’en ai pas conscience. Je considère légitiment les clichés que je réalise comme ma propriété. Parce que les photographies que je prends ne sont pas des instantanés sortis d’un smartphone. Elles sont le fruit d’un vrai travail.
J’utilise du matériel professionnel (faute d’en être un), histoire de proposer des images relativement qualitatives. Je ne shoote pas au petit bonheur la chance et je recherche à d’obtenir un résultat lorsque j’appuie sur le déclencheur. Je sélectionne les clichés que je vais publier, je n’en conserve généralement qu’une toute petite partie. Ensuite je travaille ces images pour les rendre plus percutantes.
Je passe généralement une matinée à trier et développer les photos après un concert et si elles sont publiées le jour même, c’est que j’ai commencé à travailler dès huit heures du matin après quelques heures de sommeil. Et si j’ai traité une image en noir et blanc, ce n’est pas pour la ressortir à la demande en couleur. C’est un choix ‘artistique’.
Alors je veux bien que l’on utilise mes photographies, cela me fait d’ailleurs toujours plaisir et cela flatte mon égo, mais à condition de m’en demander l’autorisation, de me citer et de ne pas modifier les images. C’est pas une question d’argent, je n’ai jamais monétisé mes images malgré quelques rares propositions, c’est juste une question de respect et de reconnaissance du travail réalisé.
J’avoue que ces derniers temps, la tendance s’améliore. J’ai été contacté à plusieurs reprises pour demander l’autorisation d’utiliser mes clichés. Pour une manifestation sur les flippers, pour un concert et pour une exposition autour de l’astronomie.
Désolé, j’ai trou de mémoire, je ne me souviens plus qui m’a recommandé le groupe français HamaSaari, mais j’ai tout de même ma petite idée sur le sujet, ça doit être moi…
Bon, toujours est-il que j’ai mis leur album Ineffable dans un coin et que j’ai bien noté qu’ils passaient en concert le 22 octobre au P8 à Karlsruhe. J’ai écouté l’album et j’ai pris la route du P8.
Ineffable, sorti en 2023, est leur premier album. Sept titres pour trente-neuf minutes de musique prog/alternative à tendance acoustique. Le prochain arrivera début 2026. Mais HamaSaari est né sur les cendres du groupe Shuffle que j’avais découvert du temps du webzine Neoprog.
Le quatuor joue de guitares, de batterie et de basse. Leur musique me fait penser à des groupes comme Klone, Lag I Run ou encore Wolve. Et si vous avez lu quelques-unes de mes chroniques sur ces groupes, vous comprendrez vite pourquoi j’aime HamaSaari.
Les morceaux sont majoritairement softs avec quelques poussées plus électriques sorti de ‘White Pinnacle’ qui donne clairement dans le metal prog énervé avec même du growl.
Ineffable est un album à l’écriture classique et très originale à la fois. J’en suis tombé amoureux dès la première écoute.
Le chant clair un peu fragile associé à ces guitares électro-acoustiques qui de temps en temps durcissent le ton, rappellent Porcupine Tree sans les plagier comme dans le titre ‘Old Memories’.
Il y a quelques claviers, mais juste en trame de fond. On pourrait s’en passer, d’ailleurs, en live, il n’y en avait pas.
‘Crumbs’ joue de l’américana pour nous parler de la révolte quand ‘Lords’ revisite notre catéchisme, d’abord en douceur avec ses délicieuses notes de guitares avant de hausser légèrement le ton et finir sur un instrumental tout en délicatesse.
Une des merveilles de cet album (il y en a plein) s’appelle ‘Prognosis’. Le dernier morceau de l’album, d’un peu plus de quatre minutes, me transporte à chaque écoute. Il est joué tout en retenue dans des tonalités électro acoustiques fragiles, avec un court texte en forme de conclusion.
J’adore également la bombe thermonucléaire de ‘White Pinnacle’ qui met sens dessus dessous tout l’album. Il faut dire que les paroles ne font pas dans la dentelle puisqu’elles évoquent à demi-mots de ces curés qui abusent du corps des enfants au lieu de sauver leur âme.
Ineffable serait sorti cette année, il figurerait dans mon top 2025, car j’en suis tombé amoureux.
J’attends le prochain album de HamaSaari avec une impatience teintée d’inquiétude mais les premiers extraits que j’ai entendus en live me donnent de l’espoir. C’est toujours compliqué un second album.
Allez écouter Ineffable, aller écouter HamaSaari en live, ce groupe est plus que prometteur.
Malgré une météorologie des plus liquides, l’été 2025 aura aussi offert quelques belles périodes ensoleillées. Certes, cela s’est accompagné de canicule, mais la nuit, à plus de mille mètres d’altitude, les températures sont restées relativement fraîches. Du coup, c’est au sommet des Vosges que j’ai veillé le plus souvent quand ma famille étouffait en plaine.
Cette année j’ai résolu de nombreux problèmes techniques avec mes instruments d’observation et j’ai également commencé à utiliser des filtres sur la caméra couleur. J’ai amélioré le guidage de la monture équatoriale, ce qui a permis des expositions plus longues avec les télescopes. J’ai aussi commencé à photographier le même objet pendant plusieurs soirées, augmentant considérablement le temps d’acquisition. J’ai aussi opté pour le traitement HOO des images obtenues, ce qui change pas mal de choses.
Expositions plus longues, filtres, traitement, mes clichés d’astronomie commencent à ressembler à quelque chose et mes mentors me donnent maintenant du B au lieu du C- de mes débuts. Je progresse donc un peu.
Je suis sorti le plus souvent possible, même les jours de travail. J’ai installé un matelas dans la voiture, pour me reposer un peu et je maîtrise de mieux en mieux les micro siestes au travail comme à la maison.
Par contre, la pleine lune à trop souvent concordé avec les nuits de ciel clair et j’ai dû chercher des cibles à l’opposé de notre satellite, ce qui a limité mes choix. J’ai principalement photographié des nébuleuses, les dentelles du Cygne, la Lyre, Dumbbell, Rosette, le Sorcier, la trompe de l’éléphant, Pac-Man, des cibles faciles, mais bon je suis encore en rodage.
Comme à chaque fois ou presque, j’ai retrouvé des copains sur le parking du Grand Pré ou des curieux avec qui j’ai passé une partie de la nuit. C’est aussi pour ces rencontres nocturnes que je fais de l’astronomie. Si j’utilisais un instrument en remote, je ferais probablement plus de photographies et sans doute dans de meilleures conditions mais j’aime sous les étoiles à discuter avec des gens pendant que le matériel cible un objet lointain.